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« Antipathies » est un livre d’humeur de Gérard Miller, un ouvrage de parti-pris, vif et polémique, sur les sujets qui l’agacent, l’inquiètent, voire l’indignent. Constatant qu’il existe dans la société française un vaste ensemble d’opinions marécageuses, de mensonges, d’approximations, de niaiseries et de méchancetés, l’auteur s’amuse à démonter quelques unes de ces idées reçues qui ne consacrent souvent qu’un seul dieu, le bon sens, et qu’encouragent comme de bien entendu les pouvoirs en place.
Dans une succession de petits chapitres enlevés, « Antipathies » met en scène avec humour les exaspérations, les allergies et autres répulsions d’un psychanalyste que sa propre cure a apaisé, mais pas assagi, et qui continue d’être agité par les deux sentiments qui, depuis l’enfance, ne l’ont pas quitté : l’indignation et la colère. Gérard Miller envoie ses flèches sur pas moins de 123 cibles, parmi lesquelles : Eric Zemmour, la Française des jeux, Charles de Gaulle, les hommes au volant, les perroquets de Le Pen, le culte de l’évaluation, les discours anti-Roms, le crédit, Jean-Jacques Bourdin, la pérennité des proverbes, le réalisme patronal, Brice Hortefeux, les tatouages, le grand public, le travail le dimanche, les ennemis de la psychanalyse, Frédéric Taddéi, la médecine américaine, Valeurs actuelles ou Laurent Gerra.
Pour cet ouvrage, Gérard Miller a souhaité collaborer avec la dessinatrice Harö, dans la tradition du dessin à charge. Ainsi l’image participe au rythme du texte, parfois comme un rebond, parfois comme un écho. À la façon d’une correspondance, ils ont partagé leurs sentiments à l’égard de certains phénomènes, certaines personnalités, Harö répondant visuellement aux textes de Gérard Miller et ce dernier écrivant en réaction à certains dessins.
« Antipathies » est suivi de L’homme qui excita l’antipathie de Freud, un récit étonnant de la haine tenace que le fondateur de la psychanalyse vouait au président américain Wilson, à qui il consacra le moins connu et donc le moins lu de ses livres, Portrait psychologique d’un président. Comme quoi il n’y a aucune raison d’imaginer que les psychanalystes, pour exercer leur métier, doivent être des poissons froids, cachant leurs opinions et dissimulant leurs aversions !
Harö est dessinatrice de presse. De 2003 à 2013 elle a signé sous le pseudo Presse Papier et a, entre autres, travaillé pour le journal Bakchich Hebdo. Son travail est très influencé par l’art de l’affiche polonaise et de la tradition du cartoon sud-américain. Souvent sans texte, ses images se construisent sur des jeux d’association de signes, dans une forme de poésie visuelle, le plus souvent en réaction à l’actualité.