PSYCHANALYSE

Personne n’entreprend une analyse par simple curiosité ou pour suivre la mode. Récuser les mensonges sur lesquels s’édifie la tranquillité du quotidien et déchiffrer l’oracle de sa destinée, chacun pressent qu’il faut le vouloir vraiment.

La psychanalyse n’est pas câline. On s’y allonge, mais pas pour se relaxer ou dormir. La vérité est trop incommode à supporter, quand on sait que le confort de la réalité est fondé sur sa méconnaissance. Contrairement à ce qu’écrivait Joubert dans ses Pensées, l’erreur repose, la vérité agite.

Et puis, rien ne garantit à l’avance au patient que de son désir, il a le goût. Rien ne lui dit qu’il se convient, qu’il est conforme, même imparfaitement, à son idéal. Son désir, la cure peut lui permettre de le tirer au clair, pas de le changer.

Les effets qu’on est en droit d’attendre d’une psychanalyse ne sont pas minces et méritent le détour, mais ce qu’on découvre de soi ne vous projette pas pour autant dans le registre de l’exaltation. Lacan n’avait pas tort de décourager ceux qui venaient à lui pour « mieux se connaître ». Cela ne suffit pas. Il faut que quelque chose cloche et handicape et intrigue pour tenir la rampe au fil des séances. Il faut aspirer à ce que change dans son existence quelque chose de crucial pour supporter d’entendre la petite musique que joue son inconscient.

Contrairement aux cures de cape et d’épée dont on fait parfois le récit, la découverte freudienne n’a rien à voir avec une épopée du narcissisme. Ni l’analyste, ni l’analysant ne sont des personnages de roman. C’est pour cela que la psychanalyse ne vaut le coup que pour ceux dont la vie est chienne, et qui veulent, d’un vouloir dont leur souffrance atteste, se repérer par rapport à ce qui les détermine.

Pratique de la psychanalyse

freud

Je reçois souvent des lettres ou des mails dont les auteurs me parlent de leurs symptômes, de leurs souffrances, et me demandent de leur proposer par écrit des solutions ou même simplement des pistes.

A tous, je réponds invariablement la même chose : que je suis sensible à la confiance qu’ils me font, mais que le psychanalyste que je suis ne saurait faire autre chose que de prendre acte de leur détresse.

Impossible pour moi de leur donner des conseils, de les orienter sur la base de quelques lignes écrites. La psychanalyse suppose un tout autre rapport, personnel, prolongé, dans un bureau qui plus est et pas à distance.

J’imagine que beaucoup de mes correspondants sont déçus par ma réponse, mais l’éthique qui est la mienne ne me permet pas d’agir autrement. Et on l’aura donc compris : pas question sur ce site de déroger à cette règle.

Certes, c’est bien ici le site d’un praticien (j’exerce la psychanalyse depuis 1978, un bail !) et la psychanalyse reste avec l’enseignement ma véritable activité professionnelle, mais rien n’y fait : la psychanalyse peut éventuellement se découvrir sur internet — pourquoi pas ? —, mais elle se rencontre in vivo. La psychanalyse n’est pas une pratique dématérialisée !

Pour recevoir des infos régulières
Inscrivez-vous à la Newsletter du BUZZ DU DIVAN, vous recevrez automatiquement, avant qu'elles ne soient sur le site, des infos régulières. Pour cela, il vous suffit de taper votre adresse e-mail dans la case ci-dessous.
Inscription Newsletter



En ce moment
Pour entrer en contact
Utilisez ce formulaire pour écrire directement à Gérard Miller