Paru dans L’Humanité, le 18 avril 2002

Dernière chronique quotidienne dans l’Humanité, c’est le moment de conclure. Tout au long de la campagne, j’ai souvent lu ou entendu les propos du candidat communiste. Faut-il détailler ici son programme pour souligner la pertinence de ses propositions ? Pas de minimum social sous le seuil de pauvreté, un Smic à 1065 euros net, une allocation mensuelle d’autonomie de 700 euros pour les jeunes de 18 à 25 ans, le relèvement des allocations familiales et leur attribution du premier au dernier enfant… Mais aussi bien refus sans ambiguïté de la double peine ou droit vote aux élections locales pour les résidents étrangers vivant et travaillant en France… Ou encore : rupture avec la maîtrise comptable des dépenses de santé, défense de l’exception culturelle ou annulation de la dette des pays pauvres… J’arrête, c’est simple, à quelques nuances près, tout me va ! J’ai décidé de voter pour Robert Hue il y a plusieurs mois et je n’ai pas changé d’avis depuis.

Au début, dans mon entourage, quelques-uns de mes proches s’étonnaient de ce choix. Aujourd’hui, même ceux qui ne le partagent pas le trouvent cohérent. Car on peut reprocher tout ce qu’on veut aux communistes, il y a une donnée qu’au terme de cette campagne électorale on ne peut contester : ils font non seulement partie de ceux qui restent déterminés à ce que la gauche soit vraiment la gauche (et, c’est vrai, ils ne sont pas les seuls), mais ils sont aussi les plus déterminés à agir partout où il est possible d’agir — sur le terrain des luttes quotidiennes comme sur celui, plus insaisissable mais pas moins indispensable, de l’action gouvernementale. Et en cela ils sont uniques, différents de la gauche socialiste style Strauss-Kahn, différents de la gauche de parade style Laguiller. Oui, il y a bien une cohérence à soutenir Robert Hue pour celui qui ne s’amuse pas à renvoyer dos à dos la gauche socialiste et la droite, mais qui ne résout pas non plus à ce que la gauche socialiste gouverne seule, c’est-à-dire au centre. Oui, les communistes sont irremplaçables.