Quatrième et dernier livre de la série « Chronique de deux septennats (1981/1995) »

Un soir d’hiver où ils n’en pouvaient plus d’avoir froid, une centaine de jeunes hérissons décidèrent de se serrer les uns contre les autres pour se réchauffer. Hélas, découvrant ce que chacun avait en commun avec tous, ils éprouvèrent l’action désagréable de leurs piquants et s’éloignèrent sous la douleur.
Une heure plus tard et comme le froid persistait, ils voulurent tenter une nouvelle expérience : ils se rapprochèrent, pleins d’espoir, mais pour se piquer aussi vite et s’écarter de plus belle. Bref, ces va-et-vient durèrent toute la nuit, jusqu’à ce que les hérissons découvrent, au matin, qu’il y avait entre eux une distance moyenne, très convenable, où ils pouvaient miraculeusement se mettre à l’abri du monde extérieur, sans pour autant se témoigner une trop grande et trop piquante affection.
(D’après la parabole de Schopenhauer, citée par Freud dans Psychologie collective et analyse du moi)
En une série de textes courts et incisifs, La France des hérissons porte un regard freudien sur les contradictions qui divisent notre pays, sur ces pommes de discorde, inquiétantes ou dérisoires, que les Français s’échangent : le chômage, l’immigration, l’affaire du sang contaminé, l’insécurité routière ou l’élection présidentielle, mais aussi bien le cas Tapie, Eurodisney, les faits divers ou la télé-poubelle.

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