UN SALAUD EN SON MIROIR
Choses dites à l’émission On a tout essayé en 2002
Vous m’en voulez, Maître Vergès et je sais pourquoi. C’est parce que je vous ai rappelé, un jour, en public, qui vous étiez. A savoir un avocat capable de prendre un malin plaisir à épouser la cause infâme de ses clients au mépris absolu de leurs victimes.

Je n’ai pas été le seul à avoir été indigné, lors du procès du tortionnaire nazi Klaus Barbie, de votre cynisme devant les victimes qui venaient témoigner à la barre, devant les victimes sur lesquelles Barbie s’était acharné, martyrisant leur chair, arrachant leurs ongles.

Qu’un avocat défende un criminel, c’est son métier. Mais qu’il s’amuse à relativiser l’immensité du crime, qu’il insulte la mémoire des victimes en les assimilant à des petits blancs, qu’il fasse corps avec le crime comme le jour où Barbie a joué les négationnistes en niant la réalité d’un document signé de sa main, le 6 avril 1944, jour où on a arrêté les petits enfants juifs d’Ysieux qui seront ensuite déportés dans les camps, c’est une autre histoire.

Je ne vous ai jamais agressé, Maître Vergès, je vous ai tendu un miroir dans lequel vous avez vu votre vrai visage dont vous avez écrit vous-même qu’il était celui d’un salaud. »